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DSN outre-mer : guide employeur pour la déclaration sociale nominative en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion

2 septembre 2026 · Dairia Avocats

DSN outre-mer : comment votre entreprise déclare-t-elle correctement en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion ?

En Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion, votre entreprise transmet une déclaration sociale nominative (DSN) mensuelle exactement comme en métropole, mais l’organisme destinataire est la CGSS — et non l’URSSAF — et vous devez déclarer l’exonération LODEOM au moyen de codes types de personnel (CTP) spécifiques aux territoires ultramarins. La DSN reste obligatoire (article L.133-5-3 du Code de la sécurité sociale), le calendrier est identique (le 5 ou le 15 du mois), mais le paramétrage local conditionne la validité de vos exonérations et de votre compte cotisant.

Cet article s’adresse aux dirigeants de PME, responsables paie et experts-comptables qui portent le social de leurs clients dans les DOM. Il détaille les particularités que votre logiciel de paie doit intégrer pour éviter tout redressement CGSS.

La DSN dans les DOM : même obligation, destinataire unique la CGSS

La déclaration sociale nominative est le canal unique de déclaration des données sociales, prévu par l’article L.133-5-3 du Code de la sécurité sociale. Elle s’applique de plein droit dans les quatre départements d’outre-mer historiques : Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion. Il n’existe aucune dérogation qui vous en dispenserait.

La différence structurante tient à l’organisme. Dans ces territoires, la caisse générale de sécurité sociale (CGSS) fusionne les trois missions que la métropole répartit entre l’URSSAF (recouvrement), la CPAM (maladie) et la CARSAT (retraite et risques professionnels). Votre DSN alimente donc un interlocuteur unique pour l’ensemble de votre protection sociale légale. Concrètement, votre compte employeur, vos avis de cotisations et les échanges relatifs à un contrôle passent tous par la CGSS de votre département.

Attention à Mayotte : le territoire relève de la Caisse de sécurité sociale (CSS) de Mayotte, régie par une ordonnance spécifique, et non d’une CGSS. Le régime déclaratif y suit des règles propres. Ne confondez jamais les deux : un paramétrage “CGSS” pour un établissement mahorais est une erreur de destinataire.

Pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy, vos établissements relèvent de la CGSS de la Guadeloupe pour le recouvrement, avec des particularités liées au statut fiscal et social de ces collectivités.

Déclarer l’exonération LODEOM en DSN : le point de vigilance central

Le régime d’exonération applicable à votre entreprise n’est pas la réduction générale de cotisations patronales de droit commun, mais l’exonération LODEOM (loi pour le développement économique des outre-mer), codifiée à l’article L.752-3-2 du Code de la sécurité sociale. C’est le régime de droit applicable chez vous : ne le traitez pas comme une exception à la règle métropolitaine.

En DSN, l’exonération LODEOM se déclare au bloc « cotisation individuelle » (bloc S21.G00.81) et surtout via des codes types de personnel (CTP) dédiés que votre logiciel doit sélectionner en fonction :

  • du barème applicable à votre établissement (barème de compétitivité, barème renforcé, barème de compétitivité renforcée) ;
  • du secteur d’activité (le renforcé vise notamment l’industrie, l’environnement, l’agro-nutrition, les énergies renouvelables, le tourisme, le BTP sous conditions, le numérique) ;
  • de l’effectif de l’entreprise (le seuil de 11 salariés, puis de 250 salariés, module l’éligibilité selon les barèmes).

Si votre paramétrage bascule à tort sur un CTP de réduction générale de droit commun, vous ne bénéficiez pas du barème LODEOM auquel vous avez droit, ou vous appliquez une exonération non conforme. Les deux situations génèrent des écarts que la CGSS relève lors d’un contrôle, avec redressement à la clé.

Points de contrôle à intégrer dans votre process paie :

  1. Vérifier chaque mois l’éligibilité de l’établissement au barème LODEOM déclaré.
  2. Contrôler que le CTP LODEOM correspond bien au secteur et au barème.
  3. Rapprocher le montant d’exonération calculé de la formule dégressive : le point de sortie et le point de bascule diffèrent de la réduction générale métropolitaine.
  4. Conserver les justificatifs sectoriels (code APE, activité réelle) qui fondent l’application du barème renforcé.

Le calendrier et les événements à déclarer sans spécificité, mais avec vigilance locale

Les échéances de dépôt de votre DSN mensuelle sont identiques à celles de la métropole : le 5 du mois pour les entreprises d’au moins 50 salariés en décalage de paie, le 15 pour les autres. Les signalements d’événements (arrêt de travail, fin de contrat) suivent le régime commun.

Deux points méritent votre attention en outre-mer :

Les jours fériés locaux. Vos territoires connaissent des jours fériés spécifiques, notamment les dates de commémoration de l’abolition de l’esclavage (27 mai en Guadeloupe, 22 mai en Martinique, 10 juin en Guyane, 20 décembre à La Réunion), reconnues par le décret n°83-1003 du 23 novembre 1983. Ces jours ouvrent droit au chômage et à la rémunération dans les conditions prévues par le Code du travail relatives aux jours fériés. Ils n’ont pas d’incidence sur la structure de la DSN elle-même, mais ils affectent le calcul de la rémunération, des majorations éventuelles prévues par votre convention collective territoriale, et donc l’assiette déclarée.

Les arrêts de travail et la faute inexcusable. Le signalement DSN d’un arrêt pour accident du travail alimente directement le compte AT/MP géré par la CGSS. Dans les filières à forte sinistralité de vos territoires — manutention portuaire, BTP, exploitation de la canne et de la banane, transformation du rhum, hôtellerie — la qualité de ce signalement est déterminante. En cas d’action ultérieure fondée sur la faute inexcusable de l’employeur, la CGSS s’appuie sur les données transmises. Sécurisez donc la date, les circonstances et la qualification de l’événement dès le signalement.

Contrôle CGSS et cohérence de la DSN : ce que votre entreprise doit anticiper

La DSN constitue la principale source de données exploitée par la CGSS lors d’un contrôle sur pièces ou sur place. Trois axes concentrent les redressements dans les DOM :

  • L’exonération LODEOM mal appliquée : mauvais barème, mauvais secteur, dépassement de seuil d’effectif non répercuté.
  • L’assiette des cotisations : intégration ou non des primes et avantages prévus par les conventions collectives locales.
  • La régularisation progressive : le calcul de l’exonération LODEOM se régularise en cumul sur l’année ; une erreur non corrigée en cours d’exercice s’amplifie.

En cas d’observation ou de redressement, vous disposez des voies de recours de droit commun : réponse à la lettre d’observations, saisine de la commission de recours amiable de la CGSS, puis, le cas échéant, du pôle social du tribunal judiciaire. Anticipez en fiabilisant votre DSN dès la source : un contrôle de cohérence mensuel coûte infiniment moins cher qu’un redressement pluriannuel.

Questions fréquentes

Ma DSN outre-mer part-elle vers l’URSSAF ou vers la CGSS ?

Vers la CGSS de votre département (Guadeloupe, Martinique, Guyane ou La Réunion). Dans ces territoires, la CGSS assure les trois missions — recouvrement, maladie, retraite et risques professionnels — que la métropole répartit entre URSSAF, CPAM et CARSAT. Votre logiciel de paie doit donc être paramétré avec la CGSS comme organisme destinataire.

Comment déclarer l’exonération LODEOM dans la DSN ?

Au moyen de codes types de personnel (CTP) spécifiques LODEOM, renseignés au bloc cotisation individuelle, en cohérence avec le barème applicable à votre établissement (compétitivité, renforcé, compétitivité renforcée), votre secteur d’activité et votre effectif. N’utilisez pas les CTP de la réduction générale de droit commun : le régime applicable chez vous est l’exonération LODEOM prévue à l’article L.752-3-2 du Code de la sécurité sociale.

Un employeur à Mayotte déclare-t-il de la même façon ?

Non. Mayotte relève de la Caisse de sécurité sociale (CSS) de Mayotte, régie par une ordonnance propre, et non d’une CGSS. Le régime déclaratif et les règles de cotisation y sont spécifiques. Ne dupliquez jamais un paramétrage DOM classique pour un établissement mahorais.

Les jours fériés locaux modifient-ils ma DSN ?

Pas la structure de la déclaration, mais l’assiette. Les jours de commémoration de l’abolition de l’esclavage sont des jours fériés chômés et payés dans vos territoires (décret n°83-1003). Ils influent sur la rémunération et sur d’éventuelles majorations conventionnelles, donc sur les montants que vous déclarez.

Que risque mon entreprise en cas d’erreur d’exonération LODEOM en DSN ?

Un redressement CGSS portant sur les exonérations indûment appliquées ou, à l’inverse, la perte du bénéfice d’un barème auquel vous aviez droit. Comme l’exonération se régularise en cumul annuel, une erreur non corrigée s’amplifie de mois en mois. Un contrôle de cohérence mensuel de vos CTP LODEOM est la meilleure prévention.

L’essentiel pour votre service paie

Votre DSN outre-mer obéit au calendrier et au format nationaux, mais trois réflexes la sécurisent : destinataire CGSS (jamais URSSAF, ni CGSS pour Mayotte qui relève d’une CSS), CTP LODEOM correctement paramétrés selon barème, secteur et effectif, et assiette tenant compte de vos conventions collectives et jours fériés locaux. Fiabilisez la source chaque mois : c’est votre meilleure défense face à un contrôle CGSS et le socle d’une gestion sereine des risques professionnels dans vos filières. En cas de doute sur le barème applicable ou de contrôle en cours, faites valider votre paramétrage avant l’échéance déclarative plutôt qu’après la lettre d’observations.

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